La « route de Paris – Brest » à Noyal-Sur-Vilaine

La route reliant Paris à Noyal-sur-Vilaine, aujourd’hui principalement empruntée via la RN157 et l’A11, possède une riche histoire qui s’inscrit dans le développement des voies de communication en France depuis l’Antiquité́.

1. L’Antiquité et le Moyen Âge : les premières voies

Dès l’époque romaine, des routes stratégiques reliaient Lutèce (Paris) à l’ouest de la Gaule, notamment Condate (Rennes). Les Romains construisirent un réseau routier structuré, avec des voies pavées facilitant le commerce et les déplacements militaires. À cette époque, un itinéraire passant par Le Mans et Rennes existait probablement déjà. L’ancienne voie romaine ne passait pas par Noyal mais par Acigné et suivait à peu près le tracé de la route actuelle d'Acigné à Servon. Elle mesurait 15 pieds de large.

Au Moyen Âge, les grandes routes royales étaient rares et souvent en mauvais état. Les déplacements entre Paris et la Bretagne se faisaient par des chemins de terre, empruntés par les marchands, pèlerins et messagers royaux. Des relais de poste et des auberges jalonnaient ces axes, permettant aux voyageurs de se reposer.

2. L’époque moderne : l’amélioration des routes royales

Sous l’Ancien Régime, la route de Paris à Rennes était un axe stratégique pour le commerce et l’administration royale. Colbert et les intendants de Louis XIV mirent en place une politique d’amélioration des routes, avec l’apparition des routes pavées et l’organisation de relais de poste officiels. À cette époque, les voyageurs mettaient plusieurs jours pour rallier Rennes depuis Paris, en passant par des villes comme Chartres, Le Mans et Laval. Des carrosses et diligences assuraient le transport des personnes et des courriers.

3.. Le XXe et XXIe siècles : modernisation et autoroutes

Au XXe siècle, avec l’essor de l’automobile, la route nationale 157 fut progressivement élargie et modernisée. L’axe Paris-Rennes devint un des corridors majeurs de l’ouest de la France.

Avec la construction de l’autoroute A11 entre Paris et Le Mans, puis de l’A81 jusqu’à Rennes, la RN157 perdit une partie de son trafic longue distance, bien qu’elle reste un axe essentiel pour le trafic local et régional.

Aujourd’hui, la route Paris-Noyal-sur-Vilaine est principalement empruntée via l’A11, l’A81 et la RN157, qui permet de rejoindre Rennes rapidement. Mais son tracé historique témoigne encore des évolutions successives des voies de communication en France.

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Le tronçon entre le lieu-dit « La Justice » et « Les Forges »

Situé sur la route historique entre Rennes et Noyal-sur- Vilaine, a une histoire qui s’inscrit dans l’évolution des axes de communication locaux.

1. Un axe ancien structurant

Ce segment de route, aujourd’hui partie de la RN157, correspond à une ancienne route stratégique reliant Rennes aux territoires de l’est, notamment Vitré et Laval. Il a probablement suivi un itinéraire emprunté dès le Moyen Age par les marchands, les diligences et les courriers royaux.

Le nom « La Justice » fait référence aux gibets ou aux lieux où s’exerçait la justice seigneuriale ou royale tels que des tribunaux locaux ou des lieux d’exécution, souvent situés à des entrées de ville ou le long de routes fréquentées. Ce type de toponyme indique que cette portion de route était un passage structurant dès l’Ancien Régime.

2. La modernisation au XIXe siècle

Avec la politique d’aménagement des routes sous Napoléon et les travaux des Ponts et Chaussées, la route reliant Rennes à Vitré a été consolidée pour faciliter le transport de marchandises et de voyageurs. Ce tronçon a alors été élargi et amélioré́ pour supporter le passage des diligences et des charrettes à chevaux.

Le lieu-dit « Les Forges » évoque quant à lui une activité́ métallurgique ancienne, possiblement liée à des ateliers de forgerons qui utilisaient le bois et l’eau pour travailler le fer. Il n’était pas rare de voir des forges installées à proximité́ de grands axes de passage pour fournir outils, clous et ferrures aux voyageurs et aux habitants locaux.

3. Le XXe siècle et l’arrivée du transport motorisé

Avec le développement de l’automobile, la RN157 a été progressivement transformée en route plus large et plus directe, réduisant le sinueux tracé d’origine. Ce tronçon a vu son trafic augmenter avec la motorisation du XXe siècle, jusqu’à ce que la mise en service de l’autoroute A81 capte une partie du flux longue distance.

Aujourd’hui, ce tronçon conserve des traces de son passé, avec des vestiges de l’ancienne route et des noms de lieux qui rappellent son rôle historique dans les échanges entre Rennes et l’est de l’Ille-et-Vilaine.

Le lieu-dit « Les Forges »

Situé au sud du bourg de Noyal-sur-Vilaine le long de la route de Paris, possède un patrimoine historique notable.

  

Le Relais de Poste du XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, « Les Forges » abritaient un relais pour les fiacres, voire un relais de poste où les diligences déposaient le courrier, essentiel pour les communications et le transport entre Paris et la Bretagne.

Avec l’arrivée du chemin de fer à Noyal-sur-Vilaine en 1857, ce relais perdit de son importance, mais le village demeura un point de passage significatif jusqu’à la construction de la voie rapide Rennes-Paris.

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Le Manoir des Forges

Le manoir des Forges, datant possiblement du XVIe siècle, aurait appartenu en 1541 à Jeanne d’Acigné. Des vestiges tels que des encadrements de portes et fenêtres, des piédroits de cheminée, ainsi qu’une inscription datée de 1595 sur une poutre, attestent de cette ancienneté́. Malheureusement, le manoir a disparu en 1920, et les derniers vestiges ont été démolis récemment pour l’élargissement de la route. La tourelle en brique visible actuellement serait un rappel de celle de l’ancien manoir.

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Ancienne Gendarmerie

Une grande maison située impasse du Guet, construite en schiste et partiellement enduite, est supposée avoir abrité la gendarmerie au XIXe siècle. Elle présente des éléments architecturaux du XVIe siècle, tels que des encadrements de portes et fenêtres en grès chanfreinés, ainsi qu’une inscription de 1595 sur une poutre. Des dépendances, comme une porcherie et une remise, ont été ajoutées au sud de la maison au XIXe siècle.

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Paul Banéat mentionne une maison ancienne possédant une tourelle et un cadran solaire en ardoise au lieu-dit Les Forges. Il s'agit vraisemblablement de la maison que l'on voit actuellement. Elle s'appelait Le Manoir des Forges et appartenait en 1541 à Jeanne d'Acigné, femme de Guillaume de Plesguen, - en 1668 aux Amette sieurs de Caligné, - et aux de Gouyon en 1789. Cette hypothèse est tout à fait justifiable par la présence de vestiges datant du 16e siècle (encadrements de portes et fenêtres, piédroits de cheminée) ainsi que par une inscription portée sur une poutre. Nous pouvons y lire la date de 1595 (?).

Par ailleurs, dans la partie est du bâtiment nous pouvons encore voir, à proximité de la grande cheminée en pierre, une cloison en colombage. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, des dépendances furent construites au sud de la maison (porcherie et remise). Sur le cadastre de 1850, nous pouvons constater la présence de douves au sud-est du manoir. D'après la tradition orale, cette maison abritait la gendarmerie au 19e siècle. Lors de l'inventaire du patrimoine de Noyal, nous avons découvert, sur une maison, un cadran solaire en ardoise daté de 1746. Il pourrait s'agir de celui mentionné par Banéat.

BANEAT Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

 

Ces éléments témoignent de l’importance historique du village des Forges dans le développement de Noyal-sur-Vilaine et de son rôle dans les communications entre Paris et la Bretagne.

Dossier d’œuvre architecture IA35031728 | Réalisé par Le Ninivin Anne-Cécile ; Hue Vanessa inventaire préliminaire, Noyal-sur-Vilaine



La Croix Mulon

Non documenté, probable carrefour ou croix de chemin érigée pour des raisons religieuses ou commémoratives

 

 

 

 

 

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