Le Prieuré et le Logis de la Motte

  

   A Noyal chacun connaît le centre culturel « L’Intervalle » composé au centre d’un bâtiment contemporain entouré de deux bâtiments historiques : à gauche le « Prieuré Saint-Martin » et à droite « le Logis seigneurial de la Motte » abritant respectivement une salle de spectacle, la médiathèque et l’école de musique. (photo de l’ensemble)

 

 

Mais que sait-on de l’histoire des deux bâtiments historiques ?

 

   Jadis le Prieuré Saint-Martin dépendait de l’Abbaye Saint-Melaine de Rennes. On note qu’au XIIème siècle onze prieurés du diocèse de Rennes étaient directement rattachés à l’Abbaye dont celui de Noyal-sur-Vilaine.

 

   Le Cartulaire Saint-Melaine consacre 32 feuillets à Noyal soit environ 10% du document (Le cartulaire est un ensemble de chartes rédigé en latin). Ce cartulaire mentionne les différentes donations faites à l’Abbaye Saint-Melaine en Noyal ce qui permis l’établissement d’un prieuré important vraisemblablement avant l’an 1161 !

 

Qu’est-ce qu’un Prieuré ?

   

   C’est un petit monastère suivant la règle de l’Abbaye à laquelle il est rattaché.

 

  A l’origine les religieux d’un prieuré devaient desservir eux-mêmes leurs paroissiens. Puis sur ordre de la papauté et des conciles la plupart des religieux se firent remplacer par des prêtres séculiers, pensionnés par eux, mais ils se réservèrent les revenus des prieurés.

   Au XVIème siècle la papauté, puis le roi concède le régime de la Commende qui permettait que le bénéfice d’une abbaye ou d’un prieuré soit remis à un ecclésiastique ou à un laïque. Ce système entraîna la décadence de la vie monastique.

   Le nom des quelques prieurs est parvenu jusqu’à nous et parmi eux, en 1834, Thomas Degli Ammanati, légat du Pape et archevêque de Naples.

 

Le Logis de la Motte

 

   Les anciens Noyalais disent "la Ferme de la Motte", mais il s’agit bien d’un véritable logis seigneurial qui appartint à des familles de haute lignée !

 

Ces seigneurs possédaient un droit de Haute Justice ce qui leur permettait de juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines dont la peine capitale, celle-ci ne pouvant être exécutée qu’après confirmation par des juges royaux.,

   A l’origine une charte datée de l’an 1050 confirme la permission donnée par Eudon, comte de Rennes et sa sœur, abbesse de l’Abbaye Saint-Georges de Rennes, à un certain Geoffroy, fils de Salomon, d’édifier un château à Noyal sur une terre dépendante de l’Abbaye Saint-Georges.

   Ce château est en fait une « motte médiévale », ouvrage défensif qui apparut au Xème siècle. Elle est constitué d’une tour carrée ou circulaire élevée sur une motte entourée d’une palissade en bois et de fossés.

Une situation idéale pour cette motte située sur un promontoire rocheux surplombant la Vilaine.

 

   Vers 1350, Marie de Montboucher (héritière de la seigneurie de Tizé en Thorigné) s’unit à Geffroy de Cheveigné, seigneur de Cheveigné et de Noyal.

 

   Au travers les siècles et toujours par alliance, le Logis de la Motte se transmet aux familles de Châteaugiron, de Saint-Amadour, Bouan seigneur de Tizé, Hay des Nétumières et de Kerroignant de Trezel.

Le bâtiment actuel date du XVIème siècle et était bien un logis seigneurial comme en atteste le dallage retrouvé dans la grande salle du 1er étage. Un luxe réservé à la noblesse ! On retrouve le même dallage au Château du Bois-Orcan et on le retrouvait également dans l’ancien Manoir Presbytéral aujourd’hui propriété privée. 

 

   A la révolution tous les biens de la famille de Kermoignant de Trézel furent confisqués comme biens nationaux et c’est ainsi que le Prieuré devint une ferme.

 

 

   Les derniers occupants en ont été Monsieur et Madame Moulin. 

 

 

 

        Documentation recueillie par Mickaël Saulnier, adhérent des Noyales, pour une exposition présentée par Les Noyales pour l’inauguration de l’Intervalle.